MÉDIA
À La Roque d’Anthéron
Publié le 23/07/26

C’est avec grand plaisir que nous retrouvons pour cette nouvelle soirée au Festival de La Roque d’Anthéron, la jeune pianiste Arielle Beck, que nous avions découvert voici deux ans lors des soirées proposées par le Festival de piano « hors les murs », au Théâtre La Colonne à Miramas ; en plus d’un impressionnant récital à 19h avec plusieurs pièces (notamment de Franz Liszt ), elle y interpréta un mémorable Concerto pour piano de Robert Schumann, accompagnée par l’Orchestre Philharmonique de Marseille, dirigé alors par Lawrence Foster.

Le Concerto pour piano de Grieg a une toute autre histoire: considéré comme une œuvre « de jeunesse », datant de 1868, (le compositeur avait alors 25 ans), l’œuvre est devenue un parcours obligé pour les pianistes solistes, tant par son exigence technique, que par la beauté de son inspiration. 

C’est une partition flamboyante et là encore, passionnée, toujours justement appréciée du public.

Souvent comparé au Concerto pour piano de Schumann, ne serait-ce que pour sa tonalité identique (LA mineur), il est courant de plus, de les voir très souvent couplés ensemble dans les enregistrements discographiques.

Toutefois, le caractère introspectif qui était la signature du compositeur allemand, laisse ici place à la fougue et au lyrisme norvégien et Arielle Beck nous en offre ce soir cette très belle interprétation.

En accompagnateur et brillant commentateur, l’Orchestre Consuelo, offre quant à lui, de très belles couleurs et une belle puissance dans les crescendi demandés par ces partitions, dialoguant avec souplesse, fougue et fluidité avec notre jeune soliste âgée aujourd’hui de… 17 printemps (!). 

Entre jeu à la puissance extrême, et l’infinie délicatesse de son toucher dans les passages cristallins, Arielle Beck une fois de plus nous transporte vers les cimes dans une si belle leçon de l’art pianistique et de pleine maturité musicale.

En bis, après le traditionnel bouquet offert par une toute petite fille, Arielle Beck nous gratifie de deux bis : le premier – spectaculaire –  (Quelle énergie encore, après s’être tant donnée dans le concerto ! ), Paraphrase d’une extrême difficulté technique de Franz Liszt sur la musique de scène du Songe d’une Nuit d’été de Felix Mendelssohn (quel titre bien choisi en ce soir à la douceur Rocassière ! ), et pour terminer une des Romances sans Paroles(Mendelssohn toujours), page nostalgique et introspective. 

Un triomphe salue la superlative prestation d’Arielle Beck.

Marc Jénoc

Résonances Lyriques

Photo © Franck Denis