MÉDIA
Mad About Music à Varsovie
Publié le 28/09/26

« Tout simplement une déflagration », Dorota Szwarcman (Polityka).

Une partie du récital de la pianiste Arielle Beck, âgée de 17 ans, et une autre en duo avec le flûtiste italien Matteo Cesari.

Ce fut tout simplement une déflagration : la toute jeune pianiste a joué la Sonate en fa dièse mineur de Schumann, une œuvre difficile et souvent perçue comme un peu pâteuse — ce dont sont évidemment responsables des interprétations inadéquates. Arielle Beck l’a interprétée avec une assurance immense, une compréhension profonde, un sens très sûr de la forme et de la phrase, et un tempérament considérable.

Cela m’a rappelé ma première rencontre avec une jeune Yulianna Avdeeva — elle avait alors 23 ans — qui s’était produite au festival ChiJE en 2008, deux ans avant de remporter le Concours Chopin, et qui m’avait fortement impressionnée, même si je n’avais écrit à son sujet que dans un commentaire. Peut-être que cette association vient aussi de leurs coiffures afro assez semblables — mais il y a certainement une même forme d’agressivité, de mordant.

Petite féline n° 2 — mais déjà arrivée à maturité.

Après la sonate, il y eut deux Romances sans paroles de Mendelssohn, puis, avec le flûtiste — excellent, d’ailleurs — les Trois Romances, op. 94 de Schumann, ainsi que la Sonate de Poulenc. La pianiste s’y est également révélée être une chambriste de grande classe, sachant accompagner, mais aussi passer au premier plan lorsqu’il le faut.

Il faudra suivre sa carrière : René Martin l’avait déjà repérée il y a trois ans pour La Roque-d’Anthéron. Il a vraiment le flair pour découvrir les jeunes talents.

Dorota Szwarcman

Polityka